La prochaine décennie de croissance économique en zone UEMOA se jouera dans la transformation digitale du tissu PME existant, pas seulement dans la création de licornes.
Ce site rassemble mes réflexions, mes lectures et mes rencontres sur un sujet largement absent du récit dominant.
Tout le monde veut créer la prochaine licorne africaine. Personne ne veut digitaliser la pharmacie vétérinaire de mon père.
Les médias célèbrent les startups tech. Les fonds lèvent pour financer des Series A. Les écoles de commerce forment des bataillons de fondateurs de 28 ans. Tout pousse à créer du nouveau, à partir de rien.
Pendant ce temps, le tissu économique réel — celui qui emploie 80% des salariés du secteur formel, qui génère l'essentiel de la TVA, qui fait tenir les territoires — reste largement invisible aux radars de la transformation digitale.
Des dizaines de milliers de PME établies depuis 20, 30, 40 ans. Imprimeries. Cliniques. Concessionnaires. Distributeurs. Pharmacies. Cabinets comptables. Écoles privées. Transitaires. Ces entreprises sont rentables. Elles ont des clients fidèles, des marges réelles, des actifs tangibles. Et pour beaucoup, elles fonctionnent encore avec des outils et des process qui n'ont pas évolué depuis 15 ans.
L'attention va aux promesses fragiles. L'opportunité reste dans le réel ignoré.
Sur 1 000 startups africaines financées cette décennie, 50 atteindront un Series B. 5 deviendront significatives. Les 950 autres consommeront du capital, du temps et des carrières sans construire de tissu durable.
À l'inverse, une PME rentable de 30 ans, digitalisée méthodiquement — outils modernes, automatisation, données, scaling régional — peut créer plus d'emplois durables, plus de fiscalité locale, plus d'ancrage territorial qu'une startup tech qui lève 5 millions et meurt à 4 ans.
Africa Scaler est né de cette observation. Pas comme un cabinet de plus. Comme un territoire de réflexion sur ce que pourrait être la prochaine décennie économique de l'Afrique francophone si l'on prenait enfin au sérieux le tissu PME existant.
Au fil des années, deux structures de pensée se sont imposées dans mes observations du terrain ouest-africain. Elles ne sont pas des produits, encore moins des recettes. Ce sont des cartes mentales qui permettent de raisonner clairement sur deux questions distinctes mais complémentaires.
La première — le Framework MIR™ — répond à : comment transformer une PME africaine existante en plateforme régionale durable ? La seconde — les 5 Portes d'entrée — répond à : comment un cadre expérimenté peut-il s'inscrire méthodiquement dans une PME africaine avant d'en envisager la suite ?
Rendre l'entreprise visible et pilotable. Digitaliser les outils, structurer l'organisation, piloter par la donnée, développer l'offre, faire évoluer le leadership. Sortir l'entreprise de la dépendance au fondateur.
Rendre l'entreprise reproductible et scalable. Standardiser les processus, industrialiser les opérations, développer les équipes, piloter la performance financière, sécuriser et optimiser le système d'information.
Transformer l'entreprise en plateforme régionale. Bâtir une gouvernance multi-pays, une architecture régionale, un modèle opérationnel scalable, un développement géographique structuré et mutualisé.
Entrer comme conseiller du dirigeant cédant sur une mission précise. Apprendre l'entreprise de l'intérieur.
Prendre l'opérationnel pendant que le fondateur prépare sa sortie. Devenir le successeur naturel.
Apporter l'expertise tech structurante en contrepartie d'une participation minoritaire.
Entrer au capital de façon progressive et contractualisée. Construire la montée en puissance.
Diriger en location-gérance avec option d'achat. Piloter avant de posséder.
Pourquoi la prochaine décennie économique africaine se jouera dans la transmission digitale du tissu PME.
Un travail intellectuel construit autour d'une thèse simple : la prochaine décennie économique de la zone UEMOA se jouera, peut-être avant tout, dans la transmission et la modernisation digitale du tissu PME existant — ce patrimoine économique de dizaines de milliers d'entreprises rentables, établies depuis vingt à quarante ans, et que le récit dominant continue d'ignorer.
L'essai articule un constat sur le déséquilibre du récit dominant, une thèse sur le tissu invisible, une grille de lecture — le Framework MIR™ — pour penser la transformation, et une typologie — les Cinq Portes d'entrée — pour penser les modalités d'inscription dans une PME existante.
Je m'appelle Lionel Sakiti. Je suis Responsable des Infrastructures Digitales (Deputy CTO) au GIM-UEMOA, le switch monétique régional qui sécurise les transactions interbancaires de huit pays d'Afrique de l'Ouest.
Au quotidien, je pilote les plateformes critiques qui font circuler la confiance dans l'économie ouest-africaine — un système qui ne s'arrête jamais. Je porte également le programme Cloud & IA souverains de notre institution, et j'anime la communauté Cloud Native UEMOA.
Mon métier m'a placé, au fil des années, à l'intersection de deux mondes. Celui des infrastructures digitales modernes, où je passe mes journées. Et celui du tissu économique réel africain, ces PME établies depuis 20, 30, 40 ans qui font tenir nos territoires — et que je vois traversées par une question silencieuse mais urgente : celle de leur prochaine décennie.
Mon père dirige encore, à 75 ans, sa pharmacie vétérinaire fondée il y a plus de 30 ans. C'est en l'observant que j'ai compris l'urgence — et l'opportunité historique — de moderniser et transmettre les PME africaines.
Africa Scaler n'est pas un cabinet de conseil. C'est un territoire de réflexion publique que j'ouvre depuis Abidjan, en parallèle de ma fonction. Sur ce site, je partage mon essai « L'angle mort », mes lectures, mes rencontres, et — bientôt — les Africa Talks que je commence à organiser sur ces sujets.
Si vous portez une réflexion similaire — comme dirigeant, repreneur, investisseur, ou simplement comme observateur de la décennie qui vient — vous êtes au bon endroit.
Si vous lisez ces lignes et que vous portez une réflexion proche, écrivez-moi directement. Je réponds personnellement à chaque message sérieux. Ni pitch, ni démarche commerciale — juste une conversation honnête.